Une vie imprimée en caractères majuscules !

En ouvrant leur album photo, Guy et Liliane Wendeling retrouvent avec nostalgie les grands moments d’une vie de labeur, mais heureuse. « Là, nous sommes ensemble à la fête de l’Humanité : une ambiance fraternelle, une chaleureuse camaraderie ! » disent-ils d’une même voix en pointant une photo.
A 84 ans, les souvenirs de Guy sont imprimés pour toujours. « Je suis un enfant de la guerre. Mon père resta durant six ans prisonnier, de 1939 à 1945. Pour nourrir la famille qui habitait Nogent sur Marne (94), ma mère travaillait dans une conserverie de poissons à Charenton le Pont. De quoi faire bouillir la marmite et envoyer des colis au papa. Evacué en zone libre vers ma famille Toulousaine, je pars en 1941 dans le Gers, restant dix mois en orphelinat avant que ma mère ne m’en fasse sortir grâce à l’intervention d’un oncle auprès de la préfecture de Haute Garonne. Un couple de braves paysans sans enfant, Bernadette et Henri, gentils et affectueux, m’accueille en 1943, aux confins du Limousin et du Poitou. J’y mènerai la vie d’un petit paysan, faisant 5 kms à pied matin et soir pour aller à l’école au bourg voisin. Certificat d’études primaires en poche passé à Montmorillon à l’âge de 13 ans, je reviens à Paris en octobre 1944 pour suivre deux années de cours supérieur. »
« Je voulais être radiotéléphoniste dans la marine, je suis devenu typographe ! »
« L’échec à l’examen de fin de formation de radio-téléphoniste suivie à Paris, décida de mon destin professionnel. J’entrais alors en apprentissage pour trois ans au centre de formation géré par le Syndicat du Livre, et j’obtenais mon CAP de typographe en 1949, passé à la célèbre école Estienne où sont allées ensuite mes deux filles. L’imprimerie, c’était sûrement ma vocation, un héritage familial après mon grand-père Joseph imprimeur à la coopérative ouvrière de Villeneuve-Saint-Georges et mon père, un des meilleurs linotypistes de Paris, avec 13000 signes à l’heure, qui bossait à France-soir. Je ne regrette rien aujourd’hui » dit Guy, d’une voix bien assurée, avec un sympathique accent parisien.
Typographe au service des grands noms de la presse et du journalisme
« Dès ma sortie d’apprentissage, avec les copains, nous travaillons d’imprimerie en imprimerie petites et grandes, à Paris et en banlieue. A cette époque, le travail ne manquait pas, et nos conventions collectives, nous permettaient de changer de boîte à loisir. Grâce à un copain d’apprentissage rencontré dans le train, j’entre le 15 juin 1958 à l’imprimerie Poissonnière, qui imprimait de grands journaux parisiens. Et quand on a trempé dans l’imprimerie de presse, on n’a pas envie de revenir à celle dite du labeur ! A cette période on comptait 103 quotidiens nationaux et régionaux sur Paris. Nous étions tous syndiqués à la CGT, le Syndicat du Livre avait le monopole de l’embauche, car les patrons de presse voulaient s’assurer de la sortie et de la qualité des journaux. J’ai travaillé entre autres au journal l’Equipe, avec Michel Jazy, qui était le nourrisson du quotidien sportif. J’ai eu la chance de revenir travailler au journal l’Humanité. 28 années de bons et loyaux services qui m’ont permis de côtoyer à l’imprimerie de grandes figures du monde des lettres, du journalisme ou de la politique comme Aragon, Pierre Courtade et Pierre Daix, André Wursmer, Roland Leroy, Etienne Fajon, René Andrieux… et ses yeux bleus » fait remarquer Liliane amusée, mais également jacques Duclos et Georges Marchais… »
Une vie de partage
« J’ai rencontré Liliane, souriante et courageuse, en partageant mon dessert avec elle à la cantine de l’Humanité où elle travaillait. Elle a bien voulu m’épouser et nous nous marièrent devant Jack Ralite, adjoint au maire d’Aubervilliers, journaliste à l’Humanité dimanche qui deviendra ensuite un grand ministre. Notre voyage de noces nous fît connaître l’île de Ré et nous avons choisi de vivre notre retraite à Ars-en-Ré, après avoir laissé notre bâtisse rénovée de l’Ardèche. Avec Liliane, nous avons les mêmes engagements et convictions. Dans notre milieu ouvrier, l’entraide était exemplaire et « la Tontine » nous venait en secours financier en cas de besoin, mais pas seulement ! Nous sommes restés fidèles toute notre vie à l’idéal communiste, et nous militons toujours aux côtés de nos camarades rétais, pour une société humaniste et plus juste.» Pour sa petite fille Julie, future journaliste, Guy a repris le clavier. Mais d’ordinateur cette fois, pour écrire avec la complicité de Liliane, les mémoires de la vie pleine des bonheurs simples d’une famille d’ouvriers, militants, sincères et désintéressés.
Une belle rencontre !
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