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Rapport et perception entre résidents permanents et secondaires

Vous avez peut-être déjà croisé Rémi Marcos ? Depuis deux ans, ce jeune homme s’est intégré dans la vie locale en participant à la vie associative et en menant des entretiens avec les gens qu’il rencontre.
Remi reçoit la validation pour son projet de thèse à l’université de Lille en 2020. L’objet est de proposer une comparaison entre la France et un autre pays sur les rapports de classes sociales. Il choisit de l’étudier sous l’angle du rapport entre résidents secondaires et permanents car « il y a toutes les chances d’avoir des populations différentes au sein de ces catégories même si les deux ne sont pas homogènes. »
Le choix de l’île de Ré
Il commence son travail de thèse sur l’île en septembre 2020, il avait envisagé de travailler sur ce territoire dès le début de son projet mais l’idée se confirme quand il tape « résident secondaire » sur Internet. Il y découvre des articles sur le confinement, des histoires de pneus crevés et un billet de généralisation assez fort qui joue sur l’opposition historique entre Rétais et Parisiens. En continuant son exploration, il découvre de nombreux débats sur les réseaux sociaux à ce sujet avec des commentaires parfois tendus. Le terrain lui semble correspondre à l’objet de sa recherche.
Une fois sur place, il réalise que l’énoncé du sujet intéresse beaucoup les gens qu’il rencontre et que c’est donc très facile de tisser des contacts et de se rendre intéressant.
D’abord dans le sud de l’île quatre/ cinq mois, puis cinq mois dans le nord cette année, il enchaîne les entretiens et les observations, notamment en participant à la vie associative de l’île. Il décide finalement de se focaliser davantage sur le nord de l’île car il y a une forte interconnaissance sur des communes à taille humaine. Pratique pour avoir le point de vue des uns et des autres sur les termes de leur relation. Mais aussi les taux de résidences secondaires sont plus élevés et les populations a priori plus riches. « Dans le nord il y a de vieilles familles de résidents secondaires qui ont des propriétés sociales très différentes de beaucoup de locaux. »
Appel à participation à un questionnaire
Il décide ensuite d’élaborer un questionnaire pour mieux connaître le paysage associatif rétais, en s’appuyant sur des données statistiques. Ce questionnaire a notamment pour but de comprendre le profil des adhérents. « Le monde associatif est extrêmement développé sur l’île avec beaucoup de thématiques différentes et de très forts contrastes en son sein. Je suis toutefois conscient que ce n’est pas une image représentative de la société rétaise. »
Le deuxième objectif, plus expérimental, est de savoir comment se construisent les réseaux de relations, sur quels critères les gens s’agrègent les uns avec les autres, « par exemple je demande quelles sont les cinq personnes que le répondant a le plus fréquentées physiquement pendant l’été (hors foyer et milieu professionnel) et de me citer des caractéristiques sur ces personnes. Est-ce que les résidents secondaires et le autres se mélangent, qui fréquente qui ? Peut-être que certains locaux ont plus de sociabilité l’hiver mais il me fallait un point de comparaison et les résidents secondaires ne sont pas là l’hiver donc j’ai fait ce choix de focaliser sur l’été ».
Le questionnaire est en ligne, c’est assez rapide à remplir « la question de ces rapports entre résidents est une question que tout le monde à en tête sur l’île de Ré, très mobilisé dans les discussions. Tout le monde connaît quelqu’un qui a du mal à se loger ou autres cas de figure liés à la forte présence de résidents secondaires… Cela n’a jamais fait l’objet d’une étude scientifique sérieuse et mérite que l’on se penche dessus. Il faut que le maximum de points de vue soit délivrés pour une comparaison rigoureuse et approfondie sur le sujet ».
Quel intérêt pour l’île ?
S’il a un nombre suffisant de répondants pour les rendre intéressants, il proposera des comptes rendus de ces résultats au questionnaire dans les médias locaux, mais aussi peut-être des conférences.
Il aura terminé ses entretiens à la Toussaint, commencera alors un nouveau travail de recherche en Italie sur l’île de Ischia. Après l’analyse de toutes ces données, l’aboutissement sera donc une thèse sous la forme d’un manuscrit, document public et accessible à tous dans à peu près deux ans.
On a envie d’avoir dès maintenant des premiers éléments de ses conclusions et à cela Rémi répond : « Je pense de plus en plus que l’opposition d’un point de vue sociologique est commode, politiquement utile, mobilisatrice mais on se rend compte qu’il y a beaucoup trop d’hétérogénéité. Dans les résidents permanents il y a beaucoup d’anciens résidents secondaires, dans les résidents secondaires il y a des enfants du pays qui ont quitté l’île pour de multiples raisons et je pourrais démultiplier les exemples qui démontrent la complexité du paysage sociologique. L’objet du rapport étant les relations et les perceptions, et non les conséquences et les solutions. »
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