Quelle capacité d’accueil pour l’Ile de Ré ? Le sujet n’a pas fini de questionner le territoire

Le 30 août, la salle des Paradis a accueilli une réunion publique proposée par l’Association des Amis de l’Ile de Ré. Son objectif ? La restitution des travaux menée par LETG-Géolittomer sur la capacité d’accueil et de développement de l’Ile de Ré.
Parmi l’assistance, des élus tels Léon Gendre et Gisèle Vergnon et conseillers municipaux, et bien sûr de nombreux Rétais, résidents secondaires ou permanents intéressés par les résultats de cette étude commandée par les AIR en 2015, et à laquelle une première réunion publique avait été consacrée en décembre 2016. Il s’agissait donc ici d’en présenter le dénouement.
Rappel du contexte
Cette étude a été l’opportunité d’un « audit complet du territoire ». Elle a été menée avec des étudiants et conduite par Céline Chadenas et Patrick Pottier, enseignants-chercheurs du CNRS également concepteurs de l’outil numérique d’évaluation ONECAD élaboré avec la DREAL des Pays de Loire. Rappelons que le cabinet d’étude A+B Urbanisme et Environnement de Nantes, mandaté en 2014 par la CdC aux fins d’élaborer le PLUi, a utilisé la même méthode. Mais nous sommes ici face à des travaux universitaires réalisés dans des conditions différentes.
Comment évaluer la Capacité d’Accueil ?
Il s’agit bien sûr d’un travail complexe qui présente un intérêt croissant puisque concernant les pressions humaines sur les territoires littoraux, se révélant de plus en plus fortes dans de nombreux domaines, et par ailleurs de plus en plus ressenties par les populations.
La Capacité d’Accueil s’apprécie de plusieurs manières. Souvent réduite à la seule capacité d’hébergement, elle concerne également les finances mais aussi les équipements. Il s’agit d’aller au-delà, parfois même des apparences pour avoir une vision globale. Il faut pour cela évaluer les impacts sur chacune des ressources spécifiques et les questionner pour évoluer, tout cela au moyen d’un système pointu d’indicateurs, de veille et d’alerte.
Comme le souligne Patrick Pottier, il ne s’agit pas de « combien en plus » mais de « comment en mieux ». Une démarche qui doit être portée par les acteurs puisqu’il s’agit ici « de se demander si l’accueil supplémentaire de populations et d’activités, permanentes ou saisonnières, est compatible avec les ressources disponibles et les objectifs portés par le territoire ». Nous sommes donc là bien au-delà de la simple étude d’impact touristique. Tout commence donc par l’élaboration d’un référentiel de questionnement et de déterminer des indicateurs quantitatifs mais aussi qualitatifs.
Sur l’Ile de Ré
79 indicateurs permettent d’évaluer la capacité d’accueil sur l’île de Ré. Parmi eux, 7 présentent des « points de saturation », 28 des « risques de rupture », 17 contiennent des « marges de manoeuvre » et 27 sont « non renseignés ». Quatre thématiques font l’objet d’un focus. Il s’agit de la capacité d’hébergement, la capacité résiduelle d’urbanisation, les surfaces urbanisées, urbanisables et PPRN et enfin la perception de la fréquentation touristique par les résidents permanents.
Combien de personnes sur l’Ile de Ré ?
Les résultats prennent en compte les données de l’INSEE en intégrant deux hypothèses sur « les lits touristiques » par unité d’hébergement. Il en ressort une capacité maximale de l’ordre de « 170 à 180 000 personnes pouvant être logées pour une nuit ». A noter qu’il s’agit d’une hypothèse à l’instant T, non définitive mais réaliste. Au regard de ce chiffre, la question à suivre est d’évidence : pourquoi créer des logements supplémentaires ?
La capacité résiduelle d’urbanisation
Classifiée par la couleur orange, celle-ci présente donc des risques de rupture et montre de forts déséquilibres entre le Sud et le Nord du territoire, le premier étant, comme chacun le sait, plus exposé aux risques.
Perception de la fréquentation touristique par la population permanente
Sujet sensible relevant de la catégorie Société qui présentait nombre d’éléments non renseignés. Le ressenti de la population par rapport au tourisme a fait l’objet d’une étude de terrain menée au mois de décembre sur un échantillon représentatif de la population rhétaise. Il en ressort que pour près de la moitié des personnes interrogées, l’activité touristique n’est pas remise en cause. Pour autant de nombreux indicateurs virent à l’orange : densité démographique ressentie, partage équitable du domaine public ou encore pression urbaine et obligation de changer ses habitudes de vie sont de vrais sujets. Seul l’enrichissement culturel à travers des animations que nous savons tous multiples porte la couleur verte.
Difficile de restituer ici et en quelques lignes, la densité d’une étude de haut niveau. La question reste entière ou presque. Trop de monde ou pas ? Le débat reste ouvert. Il sera sans doute l’un des grands thèmes des échéances à venir.
Pauline Leriche Rouard
La Capacité d’Accueil d’un territoire : définition
C’est « le maximum de pression, exercée par les populations permanentes et saisonnières, que peut supporter le système de ressources du territoire sans mettre en péril ses spécificités ».
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