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Projet éolien offshore : pour un débat éclairé

Jeudi 26 août, Saint-Clément des Baleines. Au nom du Collectif NEMO, Dominique Chevillon présente une rencontre débat nourrie de la projection d’un film de la journaliste réalisatrice Mathilde Jounot
Environ cent soixante personnes ont rejoint la salle polyvalente de Saint-Clément. Il a fallu rajouter des chaises. Pas mal pour une première qui n’a pas été servie par une communication importante. Dans l’assistance, parmi quelques visages connus, celui de la Maire de Saint- Clément Lina Besnier que Dominique Chevillon ne manque pas de remercier pour l’accès à la salle.
Toutes les personnes réunies ont un objectif commun : s’informer, comprendre quelle réalité se cache derrière le projet de parc éolien offshore. Ils ne seront pas déçus… enfin, c’est une façon de parler.
NEMO, créé pour « être prêt »
Dominique Chevillon, Président de Ré Nature Environnement et Vice- Président de la LPO, se présente comme « naturaliste et pas écologiste politique ». Nuance importante pour cette personnalité insulaire respectée, évoquant la création du Collectif Non à l’Eolien Marin à Oléron en 2016, alors que le fameux projet est acté la même année. Jusque-là « l’Etat avait reculé car la zone était considérée comme non propice en raison des enjeux environnementaux » », explique Dominique Chevillon. Pourtant, c’est bien une Ministre de l’Environnement qui a lancé l’appel d’offres : Ségolène Royal.
NEMO rassemble aujourd’hui des associations et des filières professionnelles mais aussi des particuliers, élus, communes, parlementaires, tous « opposants mais pas opposés aux énergies renouvelables », précise Dominique Chevillon, entouré du pêcheur professionnel Patrick Chevrier et de l’ingénieur énergéticien Claude Rieg.
« Loin des passions », NEMO entend informer « gentiment mais fermement » avant le débat public programmé pour l’automne.
Un projet industriel lourd
Avant la projection du film, Dominique Chevillon nous rappelle les grandes lignes d’un projet tentaculaire.
En 2016, il s’agissait d’installer au large des côtes oléronaises 50 à 70 éoliennes. En 2020, NEMO découvre que le projet initial a déjà grandi et en cache un autre dans des « macro-zones ». Au final, il s’agirait « du plus grand projet éolien offshore d’Europe », selon les propos même du Premier Ministre Jean Castex, cité par Dominique Chevillon. On est loin des 70 éoliennes. Il faut y ajouter les raccordements, avec trois projets (ou 4) allant jusqu’à soit 65 kilomètres à l’intérieur des terres. « On est sur de l’industrie lourde », énonce le Vice-Président de la LPO.
Et qui dit industrie lourde, dit (entre autres) atteintes à l’environnement, aggravées par les fortes contraintes liées au milieu maritime. Un exemple ? Pour ôter les champignons et lichens des éoliennes, conséquences de l’humidité, il n’est pas rare de déverser des détergents par hélicoptère.
« L’Etat a renoncé à ses engagements de protection de l’environnement face aux lobbies » résume Dominique Chevillon.
La France, pays vertueux
Comme justification à ce projet pharaonique, le climat, les énergies renouvelables et décarbonées. Or, et Dominique Chevillon le démontre schéma à l’appui, la France est un pays vertueux sur la production d’électricité, le plus vertueux d’Europe même, grâce aux mix hydraulique/ nucléaire. Une politique qui lui vaut d’être aujourd’hui en surproduction alors que l’on est sur des baisses de consommation nationales, « hors période Covid », précise Dominique Chevillon.
Par ailleurs, l’industrie éolienne a déjà montré ses failles, sa nature aléatoire pouvant conduire à la réouverture de centrales à charbon comme en Allemagne, ou à la création d’usines à gaz. Alors ? Alors « ce n’est pas pour sauver le climat », résume Dominique Chevillon.
Pour conclure cette première partie, Le Président de Ré Nature Environnement évoquera encore les responsabilités engagées. Du Sud de la Vendée au Sud de l’Estuaire de la Gironde, ce sont des zones Natura 2000, sept Réserves Naturelles Nationales et le plus grand Parc Naturel Marin d’Europe qui sont concernés. Tous reconnus par la France mais aussi par l’Europe.
Et concernant les flux migratoires « la responsabilité est mondiale », précise-t-il, évoquant les millions d’oiseaux allant et venant d’Afrique, sans oublier les zones de pêche et les populations qui en dépendent, sur mer mais aussi sur terre.
Le temps est venu de mettre des images sur les mots. Elles nous emmènent un peu plus haut sur notre littoral atlantique, en Bretagne.
Plus d’information sur le Collectif
NEMO www.eolien-oleron.fr
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