Marion Silhol transmet sa passion du théâtre sur l’île

Marion Silhol est à la tête de la troupe de théâtre amateur Les RéActeurs, mais aussi élue à la mairie de Saint-Clément des Baleines. Cette ancienne prof de théâtre est investie dans de nombreux projets culturels et sociaux, et participe à rendre l’île de Ré plus vivante toute l’année.
Je ne m’arrêterai pas tant qu’on ne me dira pas de le faire », avoue Marion Silhol. « J’ai toujours envie de monter des spectacles, et même de plus en plus ! » Et c’est bien de là que vient son énergie débordante, à tout juste 74 ans. Du plaisir d’être sur scène, et surtout de mettre en scène. « Dès que je découvre un nouveau texte, je ne peux pas m’empêcher d’en imaginer la mise en scène. Comment, et à quel acteur je vais confier tel ou tel rôle. C’est vraiment mon plaisir. Monter des spectacles qui permettent à des amateurs de jouer. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est de trouver chez une personne, enfant ou adulte, ce qu’elle a en elle, réveiller cette partie d’ellemême, pour lui et pour les autres. »
Une multitude de projets
Ainsi Marion donne tout son temps au théâtre, et aux autres. Difficile de comptabiliser tous les projets dans lesquels elle s’investit, ne serait-ce que sur ces huit premiers mois de 2023 ! Au printemps elle a participé avec cinq autres comédiens des RéActeurs à la pièce Pénélope s’emmêle de Claire Pétrouchine et la compagnie La Déferlante. En juillet elle a collaboré au festival des mammifères marins organisé par Ré Nature Environnement et l’association Label Oyat à la Java des Baleines, et créé une pièce contée pour l’occasion. Elle a aussi animé, entre janvier et juin, un atelier théâtre au centre de loisirs Les Moussaillons du Perthuis du RPI* Saint-Clément – Les Portes.
Depuis le début de l’année, elle travaille en parallèle sur deux pièces avec ses comédiens amateurs pour se produire à l’automne (voir encadré), et elle passe un temps infini au Centre pénitencier de Saint-Martin où cela fait six ans maintenant qu’elle travaille avec les détenus. « Je reprends en septembre un atelier qui a fait ses preuves, dans lequel j’aide des détenus à écrire une pièce, à la mettre en scène et la jouer devant les autres détenus. A partir de janvier 2024, j’animerai aussi un atelier pour aider les détenus à se réinsérer en mettant en scène des instants de la vie quotidienne. » Elle leur offrira également le 13 septembre une pièce de théâtre jouée avec cinq autres comédiens des RéActeurs, Tous mes rêves partent de la gare d’Austerlitz de Mohamed Kacimi.
La révélation d’une vie
Sa rencontre avec le théâtre remonte à 1973, quand, jeune étudiante en fac d’anglais à Paris, elle tombe sur une petite annonce pour un cours de théâtre dans un temple. « Ça a été la révélation de ma vie. Ce cours était donné par Guy Vassal, le créateur du festival d’Aigues Mortes. J’ai très vite été figurante pour lui. C’est aussi là que j’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari, Olivier. Ça été une période de libération totale, j’ai dans les années qui ont suivi fait une «orgie « de spectacles : les grandes scènes, les cafés théâtre, les festivals, les spectacles de rue, etc. La passion du théâtre ne m’a jamais quittée depuis ! J’ai aussi eu la chance de travailler avec Jacques Fornier, grand homme de théâtre, mort il y a peu et qui créa le Théâtre de Bourgogne et fut directeur du Théâtre National de Strasbourg ».
Par la suite, Marion se met au théâtre pour enfants et devient prof de théâtre à l’école La Source de Meudon. Après une pause pour élever ses trois enfants, qui lui permit tout de même de découvrir la sophrologie qui fait encore aujourd’hui partie de sa vie, elle reprend le théâtre en 1995 dans un lycée versaillais comme prof. Un poste qu’elle quitte dix-sept ans plus tard, pour prendre sa retraite. Une retraite active, on l’a compris, qu’elle décide de vivre sur l’île de Ré. « En 1990 on a passé quelques jours de vacances à Loix avec mon mari et ma plus jeune fille. Ça a été un véritable coup de foudre, et on s’y est installés dès 1993 ! J’ai quitté la région parisienne sans aucun regret. J’avais besoin de retrouver la nature, ici j’aime la mer, les couleurs, l’air, le ciel, le sel. Les théâtres parisiens ne me manquent pas vraiment. L’hiver je vais à la Maline, l’été il y a de quoi faire ici ! Cet été j’ai vu jouer Sigrid Gloanec, Juliette Mailhé et Nadine Berléand. Et j’ai un tel plaisir à contribuer à la vie locale ! »
Un engagement, qui en dehors du théâtre, s’exprime par le biais de la municipalité de Saint-Clément des Baleines où elle est élue, conseillère à la culture et l’animation. Elle travaille notamment sur l’organisation du Printemps des Baleines avec l’association Label Oyat, et prépare avec les autres élus les 150 ans de la commune qui seront fêtés en 2024. Son seul regret dit-elle, est de ne pas avoir été comédienne professionnelle. « C’est pour ça que je me rattrape aujourd’hui avec ma troupe de comédiens amateurs ! Je les remercie d’ailleurs. J’aime ce qu’ils font, ce qu’ils m’apportent, et j’ai énormément de respect pour chacun d’entre eux. »
*RPI : Regroupement pédagogique intercommunal.
Les RéActeurs prochainement sur scène :
Le 7 octobre à la salle des fêtes d’Ars-en-Ré : 2050, une libération de rêves, pièce écrite par un détenu de la prison de Saint-Martin. Représentation suivie d’une rencontre avec des membres du personnel de la prison, animatrices culturelles, visiteuse, professeur, animateurs d’atelier, gardien… etc.
Le 28 octobre à la salle des fêtes d’Ars-en-Ré : Un ouvrage de dames de Jean-Claude Danaud. Une pièce déjantée mettant en scène 3 comédiens des RéActeurs.
Nicolas Silhol à la Maline
Dans la famille Silhol, voici le fils. Nicolas, l’aîné des 3 enfants de Marion et Olivier Silhol, sera présent le 18 septembre à la Maline pour la projection de son deuxième long-métrage, Anti Squat, en sortie nationale le 6 septembre. Avec Louise Bourgoin et Samy Belkessa, Anti Squat raconte le combat d’une mère et de son fils confrontés à la crise du logement. Nicolas Silhol est aussi le réalisateur de Corporate, un polar social sur le management par la terreur, avec Céline Sallette, Violaine Fumeau et Lambert Wilson, sorti en 2017. En tant que scénariste, il a coécrit Les éblouis, de Sarah Suco, et Magnificat, de Virginie Sauveur.
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