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L’arrivée du moustique tigre bouleverse l’organisation de lutte interdépartementale

L’organisme interdépartemental en charge de la démoustication va être dissout en 2019. En cause : trop de contraintes administratives, juridiques et financière liées à l’apparition du moustique tigre sur le territoire, mais aussi à des changements législatifs.
La nouvelle pique un peu. Trois des cinq départements(1) composant l’Etablissement Interdépartemental de la démoustication (EID) vont jeter l’éponge en 2019, entraînant la dissolution de ce service public créé en 1969 par le Conseil général. « Nous avions bien travaillé ensemble jusqu’à présent. Mais la loi NOTRe a entraîné une nouvelle organisation territoriale. Aujourd’hui, l’EID repose sur trois Régions, trois Agences régionales de santé (ARS) et trois Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL). Ça pose de gros problèmes d’organisation », explique Dominique Rabelle, présidente de l’EID et conseillère départementale du canton d’Oléron.
Un manque de moyens
Le coup d’arrêt est réellement survenu cet été, avec la découverte des premiers foyers avérés de moustiques tigres à Saintes et à Nieul-les-Saintes. Contrairement à son cousin local qui reste dans les zones de marécages, la version tigre de l’insecte sévit en ville et de jour. Pour lutter contre lui, il n’y a pas d’autres moyens que de mener des opérations de démoustication habitation par habitation. Une campagne d’envergure qui demande une organisation et des moyens financiers plus importants. Conséquences : « Cette récente implantation sur nos territoires a complètement bouleversé l’équilibre budgétaire des Départements. Ces derniers ne sont plus en capacité de fournir des moyens opérationnels. En gros, nous déshabillons tous les territoires pour aller sur ceux colonisés par le moustique tigre avec des moyens absolument énormes », explique Dominique Rabelle, rappelant que l’EID ne reçoit aucune aide de l’Etat. Le coût de la campagne de Saintes aurait notamment provoqué de vives discussions entre les différents représentants des Départements, qui sont les principaux financeurs de l’EID.
Mais le manque de moyens n’est pas le seul problème : « Un projet de décret modifie complètement la gouvernance de la lutte contre le moustique tigre, en prévoyant de la confier à l’Agence régionale de santé (ARS) à compter du 1er janvier 2020 », explique Dominique Rabelle. La lutte pourrait donc être déléguée à des organismes privés.
Un syndicat mixte avec la Gironde
Face à ce cumul de contraintes, le Morbihan, la Vendée et la Loire Atlantique ont décidé de quitter l’EID courant 2019, le temps d’assurer une transition avec d’autres organismes. De son côté, la Charente-Maritime estime ne pas avoir les moyens de recourir au privé. Dominique Rabelle l’assure, les dix-sept salariés de la cellule charentaise de l’EID seront conservés : « Ce sont des gens d’une grande compétence, avec une connaissance importante en matière d’entomologie. C’est un personnel précieux ».
Reste à trouver un moyen de continuer la lutte. « Nous discuterons en 2019 de savoir si nous faisons un syndicat mixte avec la Gironde et Bordeaux Métropole, ou bien si nous étudions une autre opportunité », indique Dominique Rabelle. « Une bonne piste », selon le président de la Charente-Maritime Dominique Bussereau, qui s’inquiète quant à lui de voir la démoustication devenir une responsabilité de l’ARS. « Quand on voit la lourdeur du fonctionnement de l’ARS, je trouve que confier à des organismes lointains et technocratisés quelque chose qui se faisait bien sur le terrain, à mon sens ce n’est pas un progrès mais plutôt un recul, à l’heure où le moustique tigre devient une préoccupation sanitaire très forte. Mais ce n’est qu’un sentiment personnel », a-t-il conclu.
Anne-Lise Durif
La Charente-Maritime, la Gironde, la Vendée, la Loire Atlantique et le Morbihan.
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