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Julien James, artisan le jour, artiste la nuit

Rétais d’adoption, ce jeune trentenaire est infatigable. Artisan peintre depuis dix ans, il joue et gratte ses platines à la nuit tombée pour embraser le dance floor en tant que DJ.
Mais qu’est-ce qui fait courir James Jules (son nom de scène) ? Né à Paris, il est arrivé sur l’île à l’âge de 12 ans avec ses parents, qui avaient décidé de changer de vie. Après une scolarité classique, il devient électricien puis se forme à la peinture qu’il affectionne davantage pour le côté minutieux et déco. Depuis tout petit, dans sa chambre au lieu d’écouter un CD normalement, il augmente le son, l’arrête, le « bidouille » déjà à sa manière et gratte ses platines. Si certains sont passionnés de jeux vidéo, lui écoute beaucoup de musique. Mais pas n’importe laquelle : de l’électronique, de la tech house, de la techno… A l’instar des Daft Punk pour ceux qui ne verraient pas vraiment de quoi il s’agit. Il aime le son brut, underground et non commercial, pas ce qui passe à la radio et « encore moins les années 80 ! », nous explique-t-il.
Musique électro et scène
S’il va à Ibiza, ce n’est pas pour écouter David Guetta mais pour aller dans ce que l’on appelle « les travaux », là où ça tape du pied. Cette musique électro représente la nouvelle scène d’aujourd’hui, très en vogue, et attire un public de trentenaires férus de festivals et de performances live. Des effets visuels viennent aussi apporter de nouvelles expériences aux fans du genre. Très répandu dans le monde entier, ce type de sonorité l’est moins en France en réalité. Mais il semblerait que cela bouge un peu sur Paris, sous l’impulsion de collectifs et de lieux, qui se battent pour faire vivre la musique électronique.
Qui sont ses idoles ? Luciano, Solomun, Carl Cox, Sven Väth dit le Papi… Autant de DJ qui s’inspirent du disco, de la soul et du hip hop pour produire de la musique électronique. Ceux que Julien écoute et admire se produisent beaucoup en festivals, des événements capables de rassembler des milliers de personnes. Julien vit et respire musique.
Peu, voire pas intéressé par les mariages ou l’événementiel, c’est la scène qui le fait kiffer pour interagir avec le public. DJ James Jules s’est fait connaître pour ses prestations lors de la fête de la musique sur la plage du restaurant La Cible, qui a rassemblé plus de 3000 personnes cette année. « Je ne supporte pas que l’on vienne me voir pour me dire mets telle ou telle musique… » nous confie-t-il. « J’aime être sur scène, raconter une histoire à travers mes mix, être dans le délire, cool, l’esprit libre. Le son est une échappatoire pour moi. D’une saison à l’autre, ce ne sont jamais les mêmes mix et tout cela se prépare bien en amont. Tu fouines à la recherche du meilleur son sur des sites spécialisés, tu écoutes les DJ et leurs mix, tu suis les nouveautés… Quand je peins, c’est avec mon casque sur les oreilles et j’écoute de la musique tout le temps pour dénicher la pépite et mettre ce morceau que je viens d’entendre dans ma playlist car je sais que ce sera une machine à groover et à danser… », s’enthousiasme Julien.
« J’interviens régulièrement à L’Atalante, lors d’événements et aux afters beach l’été. Sylvain Morin, le directeur, me fait totalement confiance et me laisse carte blanche en me disant juste “mets du son” », nous dit-il, sourire aux lèvres.
« Mixer sur l’Île de Ré est un peu compliqué car le public est vieillissant… Avec deux amis, nous avons créé un collectif « Ré Sound Beach » qui vise à essayer de faire bouger les choses. Nous avons quelques demandes, mais c’est encore balbutiant. A court terme, mon projet est de m’implanter un peu plus à La Rochelle, dans un nouvel espace de scène ouverte dont je ne peux pas encore vous parler… Affaire à suivre. En été, je gère trois à quatre prestations et ce rythme s’adapte bien avec ma vie de famille, mon quotidien… Jamais je ne lâcherai cette passion qui est en moi et me rend tellement heureux ! »
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