Jamais 2 sans 3… le triomphe de belles valeurs

Le 19 février dernier, Ile de Ré Galop a réuni à l’écurie de Saint-Clément le petit monde du cheval rétais.
Pour fêter quoi ? Non pas une, ni deux, mais trois victoires successives de l’honorable Royal Vati. Belle performance pour un cheval (déjà) âgé de 10 ans. Mais à y regarder de plus près, il n’y a peut-être pas de hasard.
Un cheval d’hiver
Il en va des chevaux comme des humains : ils ont leurs tempéraments et leurs préférences. Et pour Royal Vati c’est l’hiver. Alors que les 4 et 28 janvier il se distinguait déjà par un doublé, la victoire du 13 février (toujours sur l’hippodrome de Pau) est d’autant plus éclatante que « la concurrence était plus rude du fait du passage en 2ème division », souligne Véronique Vigouroux. Le champion hivernal se reposera donc cet été, passant le relais à ses deux homologues Jasmin doré et Albertinelli.
Une approche payante
Arrivé à l’écurie âgé de six ans, « Royal a attendu d’avoir dix ans pour nous offrir ce triplé », se réjouit Capucine Nicot avec un brin d’humour. Il aura fallu du temps et de la patience pour qu’il donne le meilleur de lui-même. Un résultat que Véronique Vigouroux explique en quelques mots : « On ne prend pas à un cheval ce qu’il ne peut pas donner. Mais quand on lui laisse la liberté d’avoir les conditions physiques et mentales alors il y va à fond ».
Autrement dit, outre une qualité d’alimentation, de soins et de disponibilité, l’homme doit s’adapter au cheval et non l’inverse. Une approche bien différente de celle qui prévaut aujourd’hui.
Pour un autre modèle
Dans le monde des courses actuel, « la pression financière est tellement présente et dure que l’on ne s’adapte pas au cheval », poursuit Véronique Vigouroux, convaincue que « l’économie ne doit pas reposer sur ses sabots ». Condamnés à la rentabilité, les chevaux sont ainsi pressés au maximum et parfois jusqu’au burn-out. « C’est un modèle qui génère beaucoup d’argent depuis vingt ans… mais aussi beaucoup de déchets. Et les déchets ce sont les chevaux », regrette-t-elle.
Un choix assumé
« Avec seulement trois ou quatre chevaux comme chez nous, c’est plus facile mais ça rapporte moins », reconnaît Véronique, assumant ses choix. Et ce ne sont pas les trois victoires de Royal Vati qui la feront changer d’avis, bien au contraire ! « Royal est venu conforter cette approche, à l’opposé de la logique actuelle qui va de toute façon être un jour ou l’autre dénoncée », assure-t-elle.
Cohérent avec sa philosophie, le projet d’écurie de territoire et de championnat dédié « est en train de repartir », se réjouit Véronique. « Certains nous regardent et se rendent compte qu’il est possible d’exercer un métier qu’on aime sans le travestir ni se trahir. C’est un changement de modèle qui redonne du sens », conclut-elle.
Donner ou redonner du sens, changer de modèle… des propos que l’on entend décidément de plus en plus souvent, des grandes chaînes d’information jusqu’à Saint- Clément des Baleines, et dans bien des domaines…
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