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Dominique Chevillon, un homme de convictions et d’engagement dans l’action

Bien connu de nombreux Rétais pour ses activités naturalistes, Dominique Chevillon a de multiples facettes parfois méconnues sur l’île de Ré. Alors qu’il se prépare à fêter au mois de février prochain ses 60 ans, il a été élu en novembre dernier président de la commission environnement du CESER* Poitou-Charentes et a été nommé le 17 décembre par le Conseil de Surveillance de MAAF VIE, Président du Directoire (directeur général) de la société MAAF VIE, 2ème société du Groupe MAAF ASSURANCES. Homme de conviction et d’engagement, qui cultive la valeur travail, curieux de tout, il n’a de cesse de mieux comprendre le monde qui l’entoure. Et fustige l’incompétence, dans tous les milieux. Retour sur un parcours ponctué de réussites.
Rochelais depuis… 1590 par ses ancêtres, très implantés localement, et ayant aussi essaimé au Canada – la fille de Pernelle Chevillon, Catherine Avrard a embarqué à La Rochelle en 1659 sur le bateau Saint André pour Québec, faisant ainsi partie des pionnières – il a passé toute son enfance, son adolescence et une bonne partie de sa vie d’étudiant à La Rochelle. Avec des vacances régulières sur l’île de Ré, sur laquelle il s’installe dès 23 ans à La Flotte, puis à Sainte-Marie où il réside toujours avec son épouse poitevine, professeure des écoles.
Un fort ancrage rochelais et rétais
Durant sa scolarité rochelaise et ses études supérieures en droit, marketing – couronnées par l’obtention du diplôme de l’INSEAD – il s’engage très tôt dans le milieu associatif sportif et naturaliste.
Grand sportif il entre à l’école de rugby du Stade Rochelais pour une carrière de joueur, (champion de France cadet, puis deux fois junior, équipier de l’équipe première pendant 7 ans), – « une aventure fantastique, avec Henri Magois, Patrick Ramos, Dominique Dieu et Jean-Pierre Elisalde ! » se souvient-il –, puis d’éducateur, et enfi n en tant que responsable de l’école de rugby de La Rochelle 6 années durant, avant de devenir vice-président du Stade aux côtés du président Larosse.
Supporter de la première heure du sporting club rétais créé notament par les Flottais Jacky et Joël Menanteau, il participe à tous les tournois de rugby de l’île de Ré (plus de 15 ans).
De vrais engagements associatifs et professionnels
Son engagement dans le monde naturaliste débute en parallèle dès l’âge de 13 ans au Muséum d’Histoire Naturelle et à la Société de Protection de la Nature d’Aunis et Saintonge, SEPRONAS 17, devenue Nature Environnement 17. C’est donc naturellement qu’il s’investit dans les associations naturalistes Ré Nature Environnement – dont il est le fondateur et le président –, Nature Environnement 17, et la LPO France dont il est secrétaire général…
Ce fort engagement associatif lui ouvre les portes du Conseil Économique Social et Environnemental à partir de 2011. Son mandat a été renouvelé en décembre dernier, et il a été élu à la présidence de la Commission Environnement de cette instance consultative.
Mais son premier engagement concerne sa vie professionnelle. Une carrière commencée en 1979 dans le Groupe MAAF Assurances, avec une entrée au Comité de Direction en 1996 et sa nomination à la présidence du Directoire de la société MAAF VIE en décembre 2013 : « j’en suis très heureux car c’est là une marque de confiance forte du Groupe MAAF et j’ai 3 ou 4 ans pour consolider ma contribution à cette entreprise, dans laquelle j’aurai réalisé toute ma carrière professionnelle… ».
« La valeur travail devrait être centrale »
Homme de valeurs, il prône encore et toujours celle du travail, qui ouvre les voies de la compétence. « En cela les 35 heures au-delà des contraintes posées aux entreprises et autres organisations est une catastrophe sur le plan du symbole. » Dominique est aussi un fervent adepte de l’engagement et de l’action pour faire et construire, dans l’entreprise comme dans l’associatif, car « les gens qui comptent sont ceux qui font et ont fait, non pas ceux qui vont faire ».
La curiosité, indispensable à la connaissance et à la compréhension du monde qui nous entoure, lui est aussi chère : « Aujourd’hui la complexité grandissante de notre monde nécessite une curiosité très forte si on veut comprendre où l’on va ». Sans oublier la famille « qui est l’assise de la stabilité vitale, j’ai une épouse et deux filles formidables de 27 et 22 ans ! ». « Mes inquiétudes aujourd’hui en 2014 concernent en premier lieu la dégradation de la qualité de vie des hommes, l’air que l’on respire, les affections dues aux pesticides et pollutions diverses, les incertitudes climatiques dont les événements naturels commencent à nous concerner directement, telle l’érosion/ destruction du trait de côte dans l’île de Ré qui s’est accélérée considérablement.
En second lieu et depuis 40 ans, l’incompétence chronique et les comportements indéfendables de nos politiciens de métiers dont j’exclus les maires des petites communes qui ont (ou ont eu) un métier et qui sont engagés dans une oeuvre collective que je respecte. Contrairement aux mondes de l’entreprise et de l’association, où les compétences se forgent et s’exercent pleinement, le monde politique professionnel dispose de très peu de compétences et consacre l’essentiel de son énergie à s’y maintenir au lieu de construire. »
« Il est urgent de réagir »
« Mais il y a aussi des raisons d’espérer car la capacité d’adaptation est le propre de l’homme. Il doit réagir pour assurer une vie harmonieuse à ses descendants. Il va réagir mais des catastrophes sont en cours… L’arrivée des jeunes dirigeants qui doivent faire évoluer voire casser des modèles dépassés est prometteuse.
Au regard des difficultés du Pays, je pense que l’État doit se consacrer aux fonctions régaliennes. L’éducation, la justice, la police, la défense et l’environnement. L’État n’a jamais été gestionnaire, il n’a pas les compétences sauf de ses faillites.
Il devient vital de diminuer les strates des collectivités locales, on divise les cantons par 2 et on augmente le nombre des conseillers. Cherchez l’erreur ! Tout comme il est urgent de faire du ménage dans les textes législatifs et réglementaires qui empoisonnent la vie des acteurs professionnels et associatifs, d’arrêter cette profusion de création de textes, et de ne pas accepter la dérogation systématique au textes votés et promulgués.
En résumé, il faut décider pour transformer et non pour gagner du temps… »
* Conseil Économique Social et Environnemental Régional
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