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- Entretien avec François-Xavier Dillard
« Ne dis rien à papa » : le polar de l’été !

L’auteur présentait au salon du livre son quatrième roman, un thriller psychologique glaçant, qui une fois encore prend sa source au cœur d’un drame familial.
Il y a avant, à l’autre bout du monde… Et il y a maintenant, dans un pavillon de la riche banlieue parisienne, les fleurs, la peinture, la musique…Il y a les flics bien sûr et leur personnalité bien trempée ; les médecins et leur autorité absolue ; les enfants qui sentent le fumet rance du mensonge… Tout ce petit monde gravite autour de Fanny : l’arme maternelle fatale.
Peut-on se reconstruire lorsqu’on a connu l’horreur ? Caresser le rêve de recommencer même, en feignant d’enterrer le poids des secrets pour afficher un bonheur de façade ?
Jusqu’au bout de quelle cruauté peut-on aller pour trouver une légitimité lorsqu’on a connu les ténèbres ?
Bribes de réponses avec François-Xavier Dillard
Ré à la Hune : Après l’excellent « Fais-le pour maman » (le deuxième livre de l’auteur paru en 2014) vous nous séquestrez de nouveau dans l’angoisse du fait divers sordide, qui sous le contrôle de la toute puissance maternelle conjugue l’atrocité à tous les temps.
François-Xavier Dillard : Ça me fascinait de transposer le cas de Dupont de Ligonnès ou du docteur Romand au féminin, même si les mères infanticides ne procèdent pas d’ordinaire de cette façon. Eux, ce sont de grands mythomanes qui confrontés à leurs mensonges font table rase de tout.
Dans le cas de mon héroïne, c’est différent. C’est avant tout une femme qui essaie de se réparer après un traumatisme irréversible et qui, à un moment donné n’a plus le choix. Ce qui m’interroge c’est la capacité de résilience lorsqu’on a vécu un tel drame.
« Pour maman. Toute ressemblance avec… ». Comment faut-il prendre cette dédicace ?
C’est évidemment une blague, cela dit j’avais peur qu’elle s’inquiète et craigne que je lui en veuille silencieusement de quelque chose, mais depuis la parution en juin, j’ai passé une semaine avec mes parents en Toscane et tout va bien.
Je viens d’une famille plutôt équilibrée et sereine (même si ça ne veut rien dire, toutes connaissent des tensions), et c’est probablement pour cela que j’arrive à inventer des histoires sur celles qui sont complètement déglinguées !
De toute façon, pour un auteur de thriller, la famille est un terrain de jeux incroyable…Quand rien n’est plus fort qu’une relation entre une mère et un enfant, des frères et des soeurs, les conséquences heureuses ou dramatiques qui en ressortent sont décuplées. Mais je vous préviens, le prochain ne s’intitulera pas « N’appelle pas ton oncle » ou « tue ta grand-mère »…
Vous êtes en train d’écrire le suivant ?
Oui, je viens d’avoir la date, il paraîtra en juin 2018. Après avoir mis du temps à m’imposer (c’est long d’installer un auteur me disait mon éditrice), Je rentre dans le système du « un par an ». J’en suis ravi, mais du coup, comme je travaille à côté (NDLR : François-Xavier Dillard est directeur commercial d’une entité régionale d’un grand groupe énergétique français !) et que j’ai trois enfants et fort heureusement une épouse formidable, je sais qu’il va falloir jongler cette année.
Il faut que j’écrive vite, dans des créneaux hyper courts et dans n’importe quelles conditions. J’ai de la chance c’est le cas : je mets mon casque avec de la musique classique et c’est parti !
Parlez nous d’Arno et Victor les enfants de Fanny… Les jumeaux de 9 ans perçoivent le poids du terrible secret de leur mère et pourtant tous deux ont un comportement diamétralement opposé… Est-ce à dire qu’il y a toujours une ambivalence ?
Nous sommes tous susceptibles à des degrés divers de basculer dans la folie, mais pour le faire comme les protagonistes de mon intrigue il faut une sacrée pathologie ! Néanmoins, je reste persuadé qu’un drame familial peut diffuser son venin sur plusieurs générations.
Et puis les enfants…Le postulat de base c’est que les enfants sont gentils, mignons. Le lecteur communément peu enclin à admettre leur brutalité est d’autant plus bousculé qu’on les fait flirter avec la cruauté. Pourtant ce sont des êtres humains qui tout comme les adultes sont capables de nourrir une vengeance sournoise si la vie les abîme trop.
Vous savez, j’ai l’habitude de m’entourer de professionnels pour m’assurer d’être crédible, j’ai bien sûr consulté un pédopsychiatre pour ce livre aussi…
Marie-Victoire Vergnaud
« Ne dis rien à papa »
Éditions Belfond
320 pages, 18€50
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