Capacité d’Accueil et de Développement : les AIR rendent compte du travail accompli

Début décembre dernier, Les Amis de l’Ile de Ré (AIR) avaient organisé à Saint-Martin, une réunion autour d’un sujet aussi sensible qu’important : la Capacité d’Accueil et de Développement de l’Ile de Ré. Plus précisément, il s’agissait de présenter les résultats d’une étude.
Publique, cette réunion était ouverte à tous, y compris aux participants aux ateliers thématiques qui avaient été organisés deux mois plus tôt par la Communauté de Communes. Accueillant son public, M. Bernard Bordier (Président des AIR) a tenu à évoquer l’état d’esprit dictant la réalisation de cette étude : celui d’une association inscrite dans la pérennité, souhaitant contribuer de manière constructive à la vie du territoire.
Pourquoi une telle étude ?
A l’heure où se profile un PLUI qui va sceller l’évolution de l’Ile de Ré pour une vingtaine d’années, une telle approche, touchant à tous les domaines de la vie du territoire, propose un état des lieux complet, évidemment source d’inspiration pour analyser le présent et anticiper l’avenir. Rappelons qu’une approche centrée sur la « Capacité d’Accueil et de Développement d’un territoire » a été introduite par la loi Littoral de 1986. Alors pourquoi s’en priver quand on est soumis à des pressions humaines grandissantes ? A noter qu’une étude de cette nature avait été commandée dès 2014 par la CdC, dans l’optique de la révision du SCOT (forclos depuis). Et profitons- en pour préciser que l’étude orchestrée par les AIR a été réalisée selon la même méthodologie que celle de la CdC.
Comment et avec qui ?
Le cadre étant ainsi posé, quelle est la méthode et qui l’applique ? La méthode émane du groupe Géolittomer, reconnu pour ses travaux en la matière et dépendant du CNRS de l’Université de Nantes. Céline Chadenas et Patrick Pottier, enseignants-chercheurs, géographes, maîtres de conférences, et présents à la réunion, ont par ailleurs conçu avec la DREAL des Pays de Loire une méthode et un outil numérique appelé ONECAD, ceux-là même qui ont été utilisés par le bureau d’études A+B Urbanisme et Environnement de Nantes pour l’étude demandée par la CdC. Lancée en février 2015, la collaboration entre Géolittomer et les AIR repose sur un partenariat établi dans un cadre pédagogique. Elle n’a donc rien à voir avec la prestation de service du bureau d’études nantais mandaté par la CdC.
Mais au fait, la Capacité d’Accueil c’est quoi ?
Le sujet, c’est évidemment la présence humaine sur notre littoral, qui porte en elle le dynamisme mais aussi des sources multiples de ruptures des équilibres sur les plans sociaux, économiques et naturels. D’un côté l’homme et ses diverses activités, de l’autre un territoire et son capital de ressources comme nous avons-nous-mêmes un « capital » santé. La Capacité d’Accueil, c’est « Le niveau maximum de pression, exercée par les activités et les populations permanentes et saisonnières, que peut supporter le système de ressources du territoire sans mettre en péril ses spécificités ». Il s’agit donc de définir un point d’équilibre et de le prendre en compte dans le projet de de développement.
Un travail dense et complexe
L’étude vise à mener un diagnostic et à établir si le développement prévu (accueil supplémentaire de populations et d’activités) est compatible avec les ressources et objectifs. Pour obtenir des résultats fiables, il faut bien sûr définir les ressources à enjeux (ce que l’on choisit d’évaluer), questionner les atteintes portées afin d’en apprécier les fragilités, puis enfin choisir minutieusement les critères d’évaluation, réduire à minima les données manquantes et déterminer les indicateurs qui conduiront au résultat. Afin d’affiner l’étude, les chercheurs ont également ajouté des références complémentaires : données juridiques, comparaison avec des territoires ayant des points communs (Ile d’Oléron et Noirmoutier par exemple), ou encore donnée sociales, le tout menant à la constitution de fiches extrêmement détaillées et techniques qu’il serait vain de vouloir répertorier ici.
Vert, orange, rouge
Rien de tel que les codes couleurs pour éclaircir la complexité. On comprendra sans peine que le vert représente les marges de manoeuvre (ce qu’il serait bon de consolider), l’orange les risques de déséquilibres et de rupture (par rapport auxquels il faut prévoir des actions) et le rouge, les situations de saturation (où il est primordial d’engager la reconquête). Existe aussi une « non couleur » et un point d’interrogation, associés aux données manquantes qui contiennent sans aucun doute des sources de déséquilibres potentiels qu’il faudra prévenir (plutôt que guérir). Tout cela devant, ne l’oublions pas, être analysé pour déterminer au final la Capacité d’Accueil du territoire face à la pression humaine.
Des fragilités réelles
Nous le savions déjà mais l’étude enfonce le clou : l’Ile de Ré est un territoire fragile tant sur le plan environnemental qu’économique ou sociétal. Fragilité de la ressource Eau qui conduit à un prix élevé du m3, difficultés sur la ressource Sol et notamment le périmètre d’urbanisation, mais aussi préoccupations sur l’air, la faune et la flore, sans oublier l’augmentation exponentielle du foncier qui compromet les modes d’habiter.
Une bonne surprise sur la ressource démographique ! Indicateurs au vert sur la population, du nombre d’habitants permanents au nombre âgés de 15 à 60 ans en passant par l’indice de jeunesse.
Et l’été ? Nous y voilà. Il est temps de confronter les chiffres du diagnostic de la CdC (au 30 septembre 2016), avec celui émanant de l’étude des AIR : 120 720 lits, c’est le total de la capacité d’hébergement estival déterminé par la CdC contre 139 199 pour l’étude qui inclut dans ce chiffre les habitants permanents. Selon l’étude et au moyen d’un comptage subtil, on peut évaluer le nombre maximum de personnes hébergées sur l’Ile de ré à 198 359.
Et maintenant ?
Il faut poursuivre la démarche, maintenir l’état de veille et d’alerte, continuer l’évaluation en identifiant par exemple l’ensemble des données manquantes à ce jour, pour pouvoir assurer un développement pérenne car maîtrisé. La vie est mouvement. Celle de notre territoire ne saurait être figée dans des carcans et c’est bien là toute la difficulté que rencontrent nos élus mais aussi les associations et finalement tous les habitants de l’Ile. Nous devons tous faire oeuvre collective.
Les objectifs d’une étude sur la Capacité d’Accueil sont :
– appréhender l’ampleur des pressions humaines ;
– Repérer les situations de saturation ou les dysfonctionnements qui peuvent toucher la nature, les hommes et l’économie ;
– Identifier les besoins de maîtrise de cette pression humaine ;
– Intégrer les concepts de développement durable et de gestion intégrée dans le projet de territoire.
Lire aussi
-
Publi-info
Vivre au Jardin
-
Économie
Grégoire Delebecque tresse l’osier à Ars-en-Ré
Installé dans un petit atelier de la rue de Grignon, Grégoire Delebecque est l’unique vannier de l’île de Ré. Il proposera bientôt des ateliers sur le quai de la Criée à Ars.
-
Publi-info
Intermarché Île de Ré : rejoindre une entreprise familiale
Les deux magasins implantés à Saint-Martin de Ré et à La Flotte recrutent dans la plupart des métiers, pour la saison et à l’année, à temps partiel et à plein temps.
Je souhaite réagir à cet article