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Assemblée Générale MAT-Ré : persévérance et volonté d’ouverture

Connue pour son combat contre la cimenterie La Rochelle-Ré et le groupe industriel Eqiom, l’association MAT-Ré a tenu son Assemblée Générale le samedi 28 octobre. L’occasion pour son Président Frédéric Jacq de présenter les bilans de l’année écoulée et les perspectives à venir.
Quelque cent personnes avaient répondu présentes. Adhérents, représentants et peut-être sympathisants étaient venus écouter les rapports d’activité et financier qui sont le lot de toute assemblée générale, attirés aussi sans doute par la venue annoncée de M. Léon Gendre, invité dans le cadre d’un débat portant sur un sujet bien plus vaste que le combat originel de l’association MAT-Ré : l’avenir de l’Ile de Ré. Quoiqu’il en soit, la salle de réunion de la Mairie de La Flotte était bien remplie et l’assistance fort attentive.
Persévérance dans la lutte
Le combat contre La Cimenterie La Rochelle-Ré et le groupe Lafarge-Holcim ne date pas d’hier. Voilà déjà sept ans que la mobilisation contre à la fois l’autorisation d’exploiter et le permis de construire même de la cimenterie ne faiblit pas, et son issue est entre les mains de la justice. Ainsi, l’association attend-elle le Jugement de la Cour administrative d’appel de Bordeaux qui doit statuer sur l’autorisation d’exploiter, tandis que l’avocat de l’association se concentre aujourd’hui sur la procédure visant à demander l’annulation du permis de construire. Par ailleurs, M. Jacq se dit prêt, si la justice le lui demande, à « donner des explications et rendre des comptes » suite à la plainte déposée par le Maire de Rivedoux Patrice Raffarin à l’encontre de l’association. Pour clôturer ce consistant volet juridique, l’association a porté plainte contre X « pour suspicions d’arrangements financiers » auprès du Parquet National Financier qui aurait entamé une enquête préliminaire. Et Frédéric Jacq de préciser qu’en la matière « la présomption d’innocence s’impose » jusqu’à plus ample information.
Le GPM dans le viseur
Si la cimenterie est l’affaire en cours, MAT-Ré ne perd pas pour autant de vue les activités et le développement du Grand Port Maritime de La Rochelle, qu’elle estime à plus d’un titre exponentiel et dangereux pour la sécurité des hommes autant que pour celle d’un environnement classé « zone sensible » et soumis aux nuisances de l’industrie. Une veille constante face à des risques industriels de type SEVESO, qu’elle partage notamment avec l’association rochelaise RESPIRE. Taclant au passage les élus qui « n’ont pas su prendre le virage du développement durable », Frédéric Jacq note que La Rochelle, présumée site de la voile au J.O. de 2024, n’a finalement pas été choisie.
Se voulant résolument active mais aussi lanceur d’alerte, l’association MAT-Ré souhaite élargir le débat : « Si on regarde le Port de La Rochelle, on regarde aussi l’Ile de Ré » précise son président Frédéric Jacq en matière d’introduction à la réunion publique qui s’enchaîne après les validations successives des bilans de l’association. Invité : Léon Gendre, pour un débat animé par Michel Lardeux, membre du Conseil d’Administration de MAT-Ré (lire ci-après).
DEBAT
Quel avenir pour l’île de Ré ?
Léon Gendre trouve l’ouverture de ce débat intéressante. A nombre de personnes dans l’assistance, elle paraît même nécessaire et hautement souhaitable. Michel Lardeux propose trois axes autour desquels commentaires et idées sont les bienvenus. La première concerne les enjeux : quels sont-ils aujourd’hui pour notre territoire ? Mais aussi quels sont les risques qui peuvent compromettre son avenir et enfin comment préserver l’équilibre entre authenticité et modernité ? Bien sûr, une aussi courte réunion ne suffit pas à répondre à ces importantes questions. Sont néanmoins évoqués quelques sources à problèmes :
Les risques de déséquilibre
de plus en plus grands entre les cantons nord et sud, le premier tendant déjà naturellement à perdre sa population et devant se soumettre aux contraintes drastiques du PPRL au contraire du second, qui risque de voir se concentrer l’urbanisation, notamment sur l’axe Sablanceaux, Rivedoux, Sainte-Marie et le Bois comme l’évoque Léon Gendre, précisant que les communes de La Flotte et Saint-Martin ne pourront guère, pour des raisons géographiques, s’étendre, elles, au-delà du raisonnable.
Le développement exacerbé du tourisme qui pourrait être l’un des sujets d’achoppement majeurs, certains remettant en cause la nécessité de poursuivre une politique de promotion d’un territoire déjà largement saturé à certaines périodes de l’année, cette saturation entraînant de plus en plus de difficultés entre visiteurs et résidents mais aussi et fatalement des nuisances sur les espaces naturels d’un territoire soumis à des pressions de toutes sortes dont une circulation automobile en expansion.
Le problème de la capacité d’accueil qui est, rappelons-le, le seuil de pression maximum de population et d’activités que peut supporter un territoire sans mettre ses ressources en danger. Si elle est aujourd’hui estimée entre 130 et 140 000 personnes environ en saison, la réalité pourrait être bien supérieure, considérant qu’aucun outil réellement fiable n’a été mis en place pour la mesurer avec la plus grande rigueur.
La liste est longue et les enjeux tant économiques que sociétaux et environnementaux sont d’importance. L’Ile de Ré risque-t-elle de perdre son âme, c’est-à-dire la source même de ses richesses ? Et si oui, comment l’éviter ? Voilà bien un sujet qui, au-delà de la centaine de personnes présentes, concerne l’ensemble de la population rhétaise, tous âges et toutes professions confondues. Un sujet qui mérite toute l’attention, la mobilisation et le temps nécessaire à un ample et constructif débat dont celui-ci ne devrait être que les prémisses.
Pauline Leriche-Rouard
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